Daisuke Yokota 

Untitled, (Site 09) 

Untitled, (Site 09)

À propos de l'artiste

Daisuke Yokota photographie et sample ses images. Il évoque un écho entre son travail et la musique d’Aphex Twin : répétitions, réverbérations, ralentis sont aussi contenus dans ses images. Dans la série Site, il poursuit, numériquement, ce qu’il avait entamé avec sa série précédente, Back Yard. Ainsi au lieu de re-photographier jusqu’à 10 fois son image, il entreprend de mêler plusieurs prises de vues d’un même lieu, aucune action visible mais à l’œuvre, il y a le temps, comme encapsulé dans l’image.

Rencontre

Pour comprendre le processus de cette série Site, il semble important de revenir brièvement sur votre série précédente, Backyard et le processus de création que vous avez adopté pour celle-ci. Pouvez-vous nous dire en quoi il consistait ?
Backyard est constitué de photographies que j'ai prises en 2007 et 2008 et manipulées sur Photoshop. J'en ai ensuite réalisé des tirages jet d'encre, que j'ai photographié en argentique avec un appareil 4,5 x 6. J'ai alors développé ces pellicules de film dans de l'eau chaude portée à 90°C. J'ai ensuite scanné ces négatifs puis je les ai superposés sur Photoshop. De chacune de ces images, je réalise à nouveau un tirage, que je re-photographie en argentique, pellicule que je développe dans l'eau bouillante, puis scanne etc. Je renouvelle cette opération plusieurs fois, suivant l'image.

Venons-en maintenant à Site. Quels sont ces lieux qui semblent faits de graphite et de matière phosphorescente et qui tout à la fois aspirent et réverbèrent le silence ? Comment ont-ils émergés ainsi à la surface de votre image ?
Pour Site, j'utilise Photoshop pour supprimer des détails, j'ôte de la réalité à l'image, qui se fait alors plus graphique. Cette manière d'entamer la réalité numériquement m'amène à m'interroger : à quoi tient le réel dans une image ? Le fait de réaliser un tirage de l'image me paraissait indispensable, de donner une matérialité à cette nouvelle réalité transformée.
Un des sujets de Site c'est l'avant / après, rendre compte de l'absence, c'est comme de photographier un magasin qui aurait été vidé, je photographie les murs de béton, je me concentre sur leur qualité, le béton froid et dur, et celui-ci devient symbole de l'espace.

Ce temps passé à "fabriquer" l'image est-il décisif pour vous ? Que permet-il de développer, en vous, et au sein de l'image ?
Le temps que je passe à créer mes œuvres m'est essentiel, c'est pendant ce temps que je réfléchis, je découvre des choses pendant le processus de création, plus que quand je suis dans la vie quotidienne. Je passe beaucoup de temps sur chaque œuvre, jusqu'à parfois y passer trop de temps et la rater, il faut trouver l'équilibre.

Dernièrement encore, vous avez franchi une autre étape : après l'immersion en chambre noire que vous vous étiez imposé dans Backyard, puis le long travail numérique de Site, vous travaillez maintenant la surface de l'image, à coups d'acide, en extérieur, (voire devant un public comme lors de vos récentes performances). Vous avez souvent parlé de musique, faisant notamment référence au travail d'Aphex Twin, pour son exploitation des réverbérations, échos. La photographie est-elle aussi selon vous une matière qui peut se distordre, se métamorphoser comme le son ? A-t-elle cette fluidité ?
La photographie est changeante, c'est une empreinte, une trace, mais sa nature se définit graduellement au gré des étapes que l'image traverse, de son développement à son tirage. L'artiste décide des couleurs, de la densité, il interprète. Je vois un parallèle oui entre la musique et la photographie, comme la musique qui est composée de sons, et chaque son, de vibrations, la photographie est composée de grains, qui sont comme des vibrations. Si l'on modifie les grains, leur densité, on modifie l'interprétation des images. Les échos, les réverbérations permettent de sentir l'espace. De même, modifier les nuances de gris, le grain, permet de changer la qualité de la lumière, et de changer la perception des espaces représentés.

La réalisation de performances participe-t-elle pour vous de l'idée de mettre à l'épreuve la notion d'image finie ?
Pour ce qui est de la performance, c'est une rencontre unique avec le public. J'applique de l'acide sur les tirages devant une audience, peut-être que cette présence influe sur le résultat, que je ne peux pas vraiment contrôler non plus, le processus est pavé d'accidents inattendus, et cette part de hasard dans l'image est importante.

Édition limitée, numérotée et signée par l’artiste. 

Expositions et prix

Foam Talent from 2013, awarded the 2016 Foam Paul Huf Award.

Vertigo + Corpus, G/P + G3 Gallery, Japon, 2015
Site/Cloud, Stieglitz 19, Antwerpen, 2015
Foam, Amsterdam, 2014
Site/Cloud, G/P Gallery, Tokyo, 2013
AM Projects "All Colours Will Agree In The Dark", Noorder Light, Amsterdam, 2013
Actual Colour May Vary / AM Projects "Artist As Curator Projection Programme", Belfast Photo Festival, Irlande, 2013
MP1 Expanded Retina, G/P Gallery, Tokyo, 2012
Tokyo Frontline, 3331 Arts Chiyoda, Tokyo, 2012
The Photo / Books Hub Tokyo, Omotesando Hills, Tokyo, 2012
Unseen Photofair Unseen Collection, G/P Gallery, Amsterdam, 2012
AM Projects, East Wing, Amsterdam, 2012
1_Wall (2th Competition) Grand Prix Solo Exhibition, Gardian Garden, Tokyo, 2011
Yokohama Photo Market Ph4+ Photo Exhibition, Arts Commission Yokohama, Yokohama, 2011
Tokyo Frontline, 3331 Arts Chiyoda, Tokyo, 2011
The Photo / Books Hub Tokyo, Omotesando Hills, Tokyo, 2011
Cultivate#9 / Cultivate, Tokyo, 2011
Parapera Presents Future / New Zine Workshop(Lecturer), Cashi - Contemporary Art Shima, Tokyo, 2011
Yokohama Triennale 2011 Related Program "Bankart Life Ⅲ” ,Shinminatopia, Yokohama, 2011
1_Wall Exhibition (2th Competition) 2010, Gardian Garden, Tokyo, 2010
Tokyo Portfolio Review Vol.4, Tokyo Wondersite Hongo, Tokyo, 2010
Parapera Show, Cashi - Contemporary Art Shima, Tokyo, 2010
New Cosmos Of Photography Tokyo Exhibition 2008, Tokyo Metropolitan Museum Of Photography, Tokyo, 2008
Color Imaging Contest Tokyo Exhibition 2008, Spiral Garden, Tokyo, 2008


Prix

John Kobal Residency award
Foam Talent Call 2013, 2013
Mono Vol.1 (Gomma Magazine), The Eight Winners, 2012
1_Wall Exhibition(2th Competition), Grand Prix, 2011
New Cosmos Of Photography (31th Competition), Honorable Mention, 2010
Color Imaging Contest, Special Award Photograph Category, 2010

Publications

Abstracts «AM projecs» / Adad books, 2015
Linger «Teikai» / Akina books, 2014

Compilation Tokyo "Various Artist", Goliga et Self Publish, Be Happy, 2013
Common People "Various Artist",Bronze Age Edition 2013, 2013
Release In The Fall Of 2013
Site/Cloud, Artbeat Publishers, 2013
Untitled, Goliga Books, 2013
Vertigo, Newfave Books, 2013
Back Yard, Self Published, 2012
Site, Self Published, 2012
Nocturnes "AM Projects", Dienacht Publishing, 2012
Mono "Various Artist", Gomma Magazine, 2012
MP1/ Expanded Retina "Artist’s Book", Bamba Books, 2011
Water Side, Self Published, 2010

Informations

& commande

Daisuke Yokota 
Untitled, (Site 09)

2011

Informations techniques

Tirage fine art sur papier Hahnemühle Photo Rag Baryta - édition limitée, certificat numéroté et signé par l'artiste.

Dimensions

29,6 x 40 cm , Édition de 50 250.00 €
 
Ajouter un cadre (choix de l'artiste - autre choix, nous contacter)  

Cadre bois blanc avec rehausse, verre X





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